RVB ou CMJN ?
Le 12 juillet 2008
Introduction |
Dans ce deuxième tutoriel, je vous propose d’aborder la couleur en fonction du type de travail que vous avez à effectuer.
Ainsi nous allons voir la différence entre RVB et CMJN, et lequel de ces deux modes il convient d’utiliser suivant les cas.
Synthèse additive (RVB) |
C’est le mode colorimétrique utilisé par les moniteurs, les appareils photos, les téléviseurs, bref, tout ce qui est électronique ou informatique.
Synthèse soustractive (CMJN) |
C’est le mode colorimétrique utilisé en imprimerie.
Forces et faibles |
Pour sa part, la synthèse soustractive est beaucoup plus « naturelle » à utiliser car elle se réfère à un système plus habituel pour l’homme, la peinture. Sans être un Picasso, chacun a déjà mélangé plusieurs tubes de peinture et constaté qu’à trop les mélanger, les couleurs s’assombrissent pour donner finalement un noir un peu boueux…
Et même si elle possède une palette plus restreinte que celle du RVB (pas question ici de rendre des couleurs fluorescentes !), la synthèse soustractive permet de s’affranchir du média informatique pour aller sur le papier.
Et là je vous entends déjà me dire :
« Mais quand j’imprime un document RVB sur mon imprimante, ça marche pourtant ?! »
Et bien oui ! Mais dans ce cas vous pouvez remercier votre imprimante ou plutôt le logiciel qui la pilote, car ce sont eux qui font le travail à votre place et « traduisent » les informations RVB en CMJN pour que votre imprimante puisse vous restituer votre document comme vous le souhaitiez (ou presque).
Quel choix pour quel travail |
La synthèse additive (appelons-la RVB pour simplifier) sera donc utilisée dès lors que vous souhaiterait effectuer un travail destiné à l’écran : la vidéo, les sites web, …
L’utilisation du CMJN quand à lui est à réserver aux travaux ayant vocation à être imprimés (ne vous embêtez pas à utiliser le CMJN pour un site web par exemple, car le RVB couvre toute la palette CMJN et bien plus encore).
« Mais que dois-je faire alors pour imprimer les belles photos de mon appareil numérique ?
Je les transforme en CMJN ? »
Oui et non !
Si vous souhaitez imprimer vos photos pour votre usage personnel, sur du papier photo par exemple, c’est vous qui voyez, mais étant donner que votre imprimante s’en chargera pour vous, laissez-la dont faire.
Par contre si vos photos doivent êtres imprimées dans un magazine ou autre, alors là oui passez-les en CMJN car sinon l’imprimeur va d’une part vous maudire, et d’autre part devenir très rapidement chauve (et du coup il vous maudira encore plus !).
Pour autant, et même si cela n’engage que moi, si vous devez retravailler vos photos avant de les confier à un imprimeur, je vous conseille de faire les retouches dans le mode RVB, puis de les passer en CMJN.
Pourquoi ce conseil bizarre ?
Et bien parce que notre œil fonctionne avec la lumière, et donc utiliser un mode colorimétrique qui s’y réfère (le RVB) pour mettre en valeur une photo est, à mon sens, bien plus aisé. Ne restera plus, une fois satisfait du résultat, qu’à passer la photo en CMJN avant de la transmettre à votre imprimeur. De plus, votre logiciel de retouche photo préféré (Photoshop pour ne pas le nommer) rend la plupart de ses filtres inaccessibles en mode CMJN.
Attention cependant, comme nous l’avons vu plus haut, le mode RVB étant plus étendu, le passage en CMJN pourrait vous occasionner quelques surprises de taille si vous saturez trop votre image, ou utilisez des teintes qui ne sont pas gérées par le CMJN (comme un vert « fluo » par exemple).
Aussi lorsque vous retouchez une photo destinée à l’impression, ne perdez pas de vue que vous devrez la convertir à la fin.
Le cas des tons directs|
Ton direct est un terme « barbare » qui désigne en fait une encre. Elle est appelée « directe » car la couleur est obtenue directement par l’utilisation d’une seule encre.
Pour vous présenter le fonctionnement des tons directs j’ai choisi de vous parler des teintes Pantone®, mais il existe d’autres systèmes équivalents tel Trumatch®. Cependant à mon sens le système présenté ici est le plus répandu.
Toute personne ayant déjà travaillé avec un imprimeur a déjà entendu parler des teintes Pantone®.
Pantone® est une société américaine qui produit des encres pour l’imprimerie.
Les teintes Pantone®, pour faire court, sont des encres régies par une norme assurant un rendu fidèle.
Le but premier des Pantone® est de permettre l’impression d’une teinte que le mode classique CMJN ne permet pas d’obtenir, comme les couleurs très lumineuses, les fluorescents, ou encore les couleurs métalliques.
Le second point fort des Pantone®, est de proposer un système normalisé, garantissant un rendu identique partout dans le monde.
Une teinte Pantone® se compose généralement d’un nombre de 3 à 4 chiffres, suivie d’une lettre.
Les lettres font en fait référence au support sur lequel sera appliquée l’encre, exemple : C pour Couché (Coated) ou U pour Non couché (Uncoated).
Attention, les encres Pantone® ne sont pas un substitue au mode CMJN, elles sont plus une carte supplémentaire vous permettant par exemple d’imprimer un titre couleur OR, ou bien de faire une économie si vous concevez une imprimé en 1,2 ou 3 couleurs au lieu des 4 du CMJN.
J’ajouterai que la norme Pantone® permet d’imprimer des couleurs “spéciales” comme les fluos ou les métalliques.
Conclusion |
Vous en savez maintenant un peu plus sur la manière de choisir le mode colorimétrique dans vos travaux.
Il existe d’autres modes colorimétriques que vous pouvez retrouver dans Photoshop par exemple, comme le mode LAB, mais le RVB et le CMJN sont les deux modes les plus communément utilisés, et ils suffiront amplement à combler vos besoins.
Dans le prochain article, nous aborderons le concept de symbolique des couleurs, qui nous permettra d’ajouter une dimension supplémentaire à nos créations.
Références qui ont servies à la rédaction de ce cours :
http://fr.wikipedia.org/wiki/Couleur
http://www.profil-couleur.com/
http://pourpre.com/
« Textures & Couleurs » Owen Demers éditions CampusPress
Wikio

[4,25 / 5 - 8 vote(s)]



Oui et non…
Je ne serai pas aussi affirmatif à ce sujet. Mon dernier commentaire était plus une “théorie” qu’autre chose. Mais je reste persuadé, même si certaines règles sont utiles dans le choix d’une couleur, que ce choix est plus souvent affaire de ressenti plus que de résultat mathématique.
A chaque nouvel article j’en prend pleins les yeux et les méninges, j’adore.
Encore un superbe article et encore une journée ou je me coucherais moins bête.
Merci à toi.
Attention à vous visiteurs: que du bon sur ce site.
Merci à toi (pour tes 2 messages).
Ça fait toujours plaisir de recevoir des compliments et/ou des félicitations. Mais c’est surtout de savoir que mon travail aide d’autres personnes qui me satisfait (après tout c’est le but).
Cela dit je suis conscient de ne pas avoir un rythme de publication extraordinaire (à peu près 1 article par mois :/ donc ne t’étonnes pas si le flux RSS ne déborde pas…) ce qui doit laisser pas mal de monde sur sa faim. Mais je préfère prendre mon temps et vous fournir des articles de qualité (du moins j’essaie qu’ils soient le plus qualitatif possible : désolé pour les fautes restantes lors de la publication).
En tout les cas bienvenue à toi et merci pour tes messages donc.